Quelqu’un tombe sur ton profil. Il ne te connaît pas. Il lit ta bio.
Trois secondes.S’il ne comprend pas très vite si tu peux l’aider, il remonte, il passe au profil suivant. Et ce n’est pas parce que ton travail est moins bon. C’est parce qu’il n’a pas trouvé la réponse qu’il cherchait.Quand je regarde des bios d’indépendants, je vois presque toujours le même schéma. La bio dit ce que la personne fait. Très rarement pour qui.La bio qui ressemble à un CV
Voici une bio qu’on pourrait lire sur des centaines de profils :Photographe · Portraits, événements, produits · Passionnée par l’image · Disponible partout au BéninTout est vrai. Rien n’est faux. Et pourtant, une personne qui cherche un photographe pour son mariage ne sait pas si c’est pour elle. Une marque de cosmétiques non plus. Une entreprise qui prépare un séminaire non plus.La bio couvre tout le monde. Donc personne ne se sent visé.C’est le réflexe le plus courant : on liste ses services pour ne fermer aucune porte. On se dit que plus la liste est longue, plus on a de chances de toucher quelqu’un. En réalité, chaque mot ajouté rend le message un peu plus flou.
Ce que ton visiteur cherche vraiment
La personne qui lit ta bio ne cherche pas ton parcours. Elle cherche trois réponses, dans cet ordre :- Est-ce que tu aides des gens comme moi ?
- Est-ce que tu règles le problème que j’ai en ce moment ?
- Comment je fais pour te parler ?
La même photographe, avec une bio claire
Reprenons notre photographe. Supposons qu’elle aime surtout photographier les entrepreneurs, et que ce sont eux qui la recommandent le plus.Je fais les photos qui donnent envie de te contacter · Portraits pour indépendants et petites marques · Séances à Cotonou · Écris-moi « PORTRAIT » sur WhatsAppElle n’a pas perdu ses compétences. Elle sait toujours photographier un mariage. Mais maintenant, une coach qui n’a que des selfies sur son profil se dit : « C’est exactement ce qu’il me faut. »Et c’est elle qui écrit.
Réécrire ta bio en trois lignes
Tu n’as pas besoin d’un modèle compliqué. Trois lignes suffisent.Ligne 1 : pour qui et pour quoi. Une phrase qui dit qui tu aides et ce qui change pour eux. Pas ton titre de poste : le résultat que la personne va sentir.Ligne 2 : une preuve ou une précision. Un lieu, un format, un chiffre vrai, une spécialité. Quelque chose qui rend la ligne 1 crédible.Ligne 3 : la suite. Où t’écrire et quoi dire. Un mot-clé à envoyer, un lien, un numéro.Quelques exemples pour voir le mécanisme :- Une comptable : « Je tiens la compta des commerçantes qui n’ont pas le temps · Déclarations à jour, sans stress · Écris-moi sur WhatsApp »
- Un formateur Excel : « Je forme les équipes RH qui perdent des heures sur leurs tableaux · Sessions en entreprise ou en ligne · Programme sur le lien »
- Une pâtissière : « Gâteaux d’anniversaire sur commande à Abomey-Calavi · Commande 5 jours avant · Menu et prix sur le lien »
Les mots à enlever tout de suite
Certains mots prennent de la place sans rien dire. En les retirant, ta bio respire.- « Passionné(e) » : tout le monde l’est, ou dit l’être. Montre-le plutôt dans tes contenus.
- « Expert(e) en… » suivi d’un domaine très large : « expert en communication » ne dit pas à qui tu parles.
- Les listes de services séparées par des barres : choisis le service principal, les autres se découvrent ensuite.
- Les citations inspirantes : elles sont belles, mais elles prennent la place de la seule phrase qui compte.
Le test du voisin
Une fois ta bio réécrite, fais un test simple. Montre-la à quelqu’un qui ne connaît pas ton métier, pendant cinq secondes. Puis cache l’écran et demande-lui :- Qu’est-ce que je fais ?
- Pour qui ?
- Comment on me contacte ?
Tu veux savoir ce qu’un inconnu comprend de ton profil aujourd’hui ? Le test des 10 secondes te le dit en deux minutes. Il est gratuit et ne demande aucune inscription.

